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Avila, novembre 2025

  • Photo du rédacteur: Inès
    Inès
  • 16 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 déc. 2025

Salut tout le monde,


On continue notre balade en nous dirigeant gentiment, mais alors vraiment gentiment, vers le nord. Nous voici à Ávila, ville entourée de remparts médiévaux remarquablement conservés, elle apparaît comme un ensemble fermé, presque intemporel. Construits au XIᵉ siècle, ces murs de pierre de plus de deux kilomètres ponctués de tours et de portes monumentales ne sont pas seulement un décor : ils définissent l’identité même de la ville.


Située à plus de 1 100 mètres d’altitude, sur les hauts plateaux de Castille, la ville se distingue par une atmosphère sobre et minérale. Le climat y est rigoureux, la lumière franche, et l’architecture reflète cette austérité : peu d’ornements, des volumes massifs, une impression de solidité qui traverse les siècles. C'est bien beau, mais quelle fricasse! On ne s'attendait pas à avoir des températures si proches du 0°!


Au milieu de ces architectures si "brutes de décoffrage", on voit la présence de Ste Thérèse d'Ávila. La figure la plus célèbre de la ville (XVIᵉ siècle), mystique et écrivaine, dont l’influence dépasse largement le cadre religieux. Son œuvre, marquée par une grande clarté de pensée et un sens aigu de l’introspection, a contribué à inscrire Ávila dans l’histoire intellectuelle de l’Espagne.


Évidement, en ayant reçu une éducation catholique et en ayant participé à des chorales religieuses, j'avais entendu parler de Ste Thérèse, mais je ne m'y étais jamais vraiment intéressée. Et bien elle était épatante, elle a surtout frappé par sa modernité, bien au-delà du cadre religieux.


Je vais vous en parler un peu... A l'époque, entre 1515 et 1582, l'Espagne était dominée par les voix masculines, et Thérèse d'Ávila se permet d'écrire à la première personne, elle analyse ses propres expériences et revendique le droit de parler en tant que femme de pensée.


Ses textes, notamment Le Livre de la vie et Le Château intérieur, ne décrivent pas une mystique désincarnée, mais un sujet féminin lucide, capable de se corriger, de douter et de comprendre ce qu’elle vit. Thérèse parle de l’intériorité comme d’un espace à explorer, non comme d’une vérité imposée. Elle observe, expérimente, ajuste. Sa méthode est presque introspective au sens moderne.


Elle est aussi une femme d’action : elle fonde, dirige, réorganise, négocie. Son autorité ne repose ni sur la force ni sur la hiérarchie, mais sur l’intelligence, l’expérience et la cohérence personnelle.


Si l’Église l’a faite sainte, c’est pour sa vie spirituelle. Mais si elle nous parle encore aujourd’hui, c’est parce qu’elle assume pleinement une chose rare pour son époque : penser par elle-même, écrire en tant que femme, et transformer cette liberté intérieure en action concrète. Elle appartient à cette lignée de femmes qui, en pensant par elles-mêmes, ont rendu possible l’avenir des autres.


Revenons-en à cette ville qui d'abord s’impose par ses remparts du XIᵉ siècle, parmi les mieux conservés d’Europe. Ils ne signalent pas seulement l’entrée dans la ville : ils en organisent la structure, les circulations et la perception. Le Moyen Âge y reste lisible dans l’espace même, pas seulement dans les monuments.


À l’intérieur, la ville conserve, ce qu'ils appellent, un maillage urbain resserré, hérité de sa fonction défensive. Rues étroites, alignements sobres, églises romanes massives : l’architecture privilégie la solidité à l’ornement. La cathédrale en est l’exemple le plus parlant, pensée dès l’origine comme une forteresse intégrée au système des murs.


Ávila fut longtemps un poste avancé de la Castille chrétienne face aux territoires musulmans, ce qui explique cette obsession de la protection et du contrôle.


Ce qui frappe enfin, c’est la cohérence de l’ensemble. Peu de ruptures stylistiques, peu d’ajouts spectaculaires ultérieurs. Ávila n’a pas été radicalement remodelée à la Renaissance ou à l’époque moderne. Elle conserve ainsi un rythme, une échelle et une gravité qui donnent encore aujourd’hui l’impression d’une ville médiévale active, plutôt que figée.


On aurait aimé se promener plus longtemps dans ce passé, mais on avait trop froid. En Espagne, on ne peut pas entrer dans un café ou dans un restaurant avec un chien, alors on n'a pas pu se poser un moment pour se réchauffer. Les visites deviennent compliquées avec ces températures, on avait pas eu ce problème avant car on avait voyagé principalement dans le sud et le seul hiver qu'on à fait au froid, c'était en Allemagne. Là, on pouvait se poser régulièrement au chaud, on a pas senti le problème contrairement à ici où, au bout de 3h de balade, on a capitulé!


Et voilà, c'est tout pour Ávila... prochaine étape, las Bardenas Reales on espère qu'il y fera plus chaud...


En attendant la suite, n'hésitez pas à laisser un commentaire et pensez à le signer. Merci 😀



 
 
 

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