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Bardenas Reales, novembre 2025

  • Photo du rédacteur: Inès
    Inès
  • 23 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Salut tout le monde,

ça faisait longtemps qu'on en parlait de ces Bardenas Reales, on y est arrivées, enfin! Quel lieu incroyable... ici, rien n’est spectaculaire au sens tapageur du terme, pas de sommets vertigineux, pas de forêts luxuriantes et pourtant, tout impressionne. Le paysage est nu, presque dépouillé et les premiers habitants que nous y avons rencontrés n’étaient ni des randonneurs ni des moutons, mais des vautours. Plusieurs, immenses, penchés sur un cadavre dont on n’a jamais vraiment identifié l’origine. C'était un moment à la fois fascinant et légèrement dérangeant.


Puis la route se vide, les couleurs changent, la végétation disparaît presque entièrement, et sans vraiment s’en rendre compte on bascule ailleurs. Le paysage s’ouvre, large, silencieux. Rien n’est immédiatement spectaculaire, et pourtant on sent que quelque chose se passe.


Pour comprendre les Bardenas, il faut savoir qu'il y a plusieurs millions d’années, cette région était recouverte par la mer, puis par des lacs intérieurs. Des sédiments se sont déposés couche après couche : argiles fines, marnes friables, grès plus résistants, gypse scintillant parfois au soleil... juste une accumulation patiente, presque monotone.

Puis l’eau s’est retirée et la mer a disparu. La pluie, rare mais brutale, s’est mise à creuser. Le vent, omniprésent, a poli les surfaces. Les variations de température ont fissuré la roche. Année après année, siècle après siècle, l’érosion a sculpté le paysage et y a laissé des canyons étroits, des plateaux entaillés, des ravines profondes et quelques formations isolées semblant défier les lois de l’équilibre. Castildetierra, sans doute la plus célèbre, ressemble à une tour fragile posée sur un socle trop fin pour être honnête. Elle tient pourtant là, preuve silencieuse que la nature a parfois plus d’audace que l’architecture humaine. Comme on dirait chez nous :"Elle tient par peur de tomber!"


Toute cette région est protégée et nous y entrons avec un plan et des informations assez claires sur ce que l'on peut faire ou pas. Le gars de l'accueil nous avait dit qu'il faudrait compter 2 heures pour traverser l'ensemble des Bardenas. Mais ça, c'était sans compter que j'avais avec moi une passionnée de photo... on a mis plus de 5 heures!


Imaginez Sandrine au milieu d'un tel décor... on dira que les photos sont plus faciles à cadrer. Alors évidement, quand on s'est approchées del Cabezo de las Cortinillas, elle n'a pas résisté à son envie de monter les 200 marches qui mènent au sommet.


El Cabezo est comme isolé, posé au milieu d’un paysage presque plat, comme un reste oublié. "Un Cabezo" au sens propre du terme est une colline solitaire qui a résisté pendant que tout autour s’effritait. Les couches de roches plus dures ont protégé ce relief, alors que les matériaux plus tendres ont été emportés par l’érosion. On voit le travail du temps sans effort d’imagination : ravines, lignes nettes, couleurs sobres. Tout est lisible.


On parle souvent des Bardenas comme d’un désert, mais le mot est trompeur. Ce n’est pas un désert de sable, ni un désert totalement vide de vie. C’est un désert d’apparence. Au printemps, de petites fleurs surgissent là où on ne les attend pas. Des rapaces dessinent des cercles dans le ciel. On a même croisé un signe solitaire, perdu sur une espèce de lagune au milieu de tout ça.


Cette austérité apparente accentue le sentiment d’isolement. Les distances semblent plus grandes qu’elles ne le sont réellement. Les sons se perdent et le silence devient presque une matière à part entière. Un silence qui n’est pas vide, mais plein de vent, de lumière et d’espace.


Vous vous doutez bien, qu'avec un décor pareil, le cinéma a su s’approprier les Bardenas. Ce décor semble déjà prêt à l’emploi, comme s’il avait été conçu pour raconter des histoires. On y a tourné des westerns, des films d’aventure, des publicités, et même des productions internationales.


Parmi les tournages les plus souvent cités :

  • James Bond – The World Is Not Enough (1999) (le décor “bunker / explosion” est souvent associé aux Bardenas)

  • Game of Thrones (les Bardenas ont servi de décor à des paysages de type “mer d’herbe / terres dothrakies” dans des articles et guides de lieux de tournage)

  • Films cités dans des sélections touristiques/ciné en Navarre : Acción mutante, Airbag, Tierra, La conquista de Albania 

  • Productions internationales souvent mentionnées : The Counselor (Ridley Scott)

  • The Pride and the Passion 

  • The Monk 

  • Le Monde ne suffit pas


Et puis il y a tout le reste : les publicités et clips. Là, on change d’échelle : ce n’est plus “quelques titres connus”, c’est une procession régulière de camions, d’équipes, d’autorisations, de drones, de “juste un plan au lever du soleil et on s’en va”. Le parc a une page dédiée aux demandes de tournage/reportages, preuve que c’est un usage prévu et encadré.


Côté clips, on trouve par exemple :

  • Helloween – “I Want Out” 

  • Nathy Peluso – “Emergencia” 

  • Kalash feat. Damso – “Mwaka Moon” 


Je dois reconnaître qu'en marchant ici, on comprend très vite pourquoi une caméra s’y sent à l’aise. Chaque colline est un plan large. Chaque ravine, un travelling naturel. Chaque horizon, une fin de scène possible. Du reste, Sandrine dit avoir vu Clint Istoud !!


Mais la véritable magie des Bardenas ne se capture pas entièrement sur pellicule ni en photo. Elle se vit. Elle réside dans cette sensation étrange d’être à la fois spectateur et intrus. On a l’impression que le temps ralentit, qu’il s’étire. C’est un lieu qui invite à l’humilité. ici, on ne domine rien, on observe, on traverse, on écoute et souvent, on se tait.


Les Bardenas Reales ont quelque chose de profondément généreux. Elles nous rappellent que le monde est encore vaste, ancien, indifférent à nos urgences. Qu’il existe des endroits où l’homme n’a laissé que des traces légères. En fait quand on y pense... nos premiers “accueillants”, les vautours... ne sont pas tant une image macabre, mais plutôt la signature d'un lieu beau, rude, indifférent à nos jolies phrases, et pourtant impossible à oublier.

Tout ça, ça nous remet un peu à notre place... ça nous rappelle que la Terre n’a jamais eu besoin de nous pour être grandiose.


Et voilà, c'est tout pour Las Bardenas Reales... prochaine étape, la Suisse.


En attendant la suite, n'hésitez pas à laisser un commentaire et pensez à le signer. Merci 😀


 
 
 

1 commentaire


Invité
23 déc. 2025

hello les filles c'est un beau paysage mais très étrange😍gros bisous a bientôt💕 Mirza

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