Les montagnes de Cordobo, octobre 2025
- Inès

- 24 nov. 2025
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 nov. 2025
Salut tout le monde,
Nous voici sur le départ pour de nouvelles découvertes. En réalité, c'est pour ces moments en particulier qu'on a choisi ce mode de vie. En effet, nous somme le 24 octobre et nous ne savons rien de ce qui va se passer pour les 2 mois à venir. On a vaguement parlé d'un tracé qu'on aimerait faire, mais rien n'est gravé dans le marbre. En fonction de la météo, des rencontres que l'on fait ou simplement de ce que l'on entend, on décidera de nos visites et de la suite du chemin. C'est cette liberté là que l'on savoure!
Ce matin, vendredi, je fais mon dernier examen radiologique et au sortir de l'hôpital, avec plein de bonnes nouvelles sur nos états de santé, on se met en route. Sandrine et moi avions notre niveau de stress très haut face à ces examens car récemment, nous avons perdu deux personnes qui nous étaient chères, Anne et Fabienne, toutes les deux emportées par le cancer. Alors, à entendre que nous n'avions aucune suspicion et que notre santé est au top, nous l'avons savouré un peu plus fort cette année.
Bref, on se met en route vers Cordoba car nos amis Isabel et Paco nous y attendent. On vous avait déjà parlé d'eux, nous les avions rencontré lors de notre deuxième séjour en Andalousie, en mars 2023 et nous nous étions revus déjà plusieurs fois avec l'envie de se retrouver encore. Ils nous ont invitées à passer quelques jours à La Veleta, leur "cortijo", dans les montagnes au nord de Cordoba. Le mot "Cortijo" signifie la ferme et la Veleta c'est la girouette . Mais en réalité, c'est une maison perdue au milieux des oliviers.
Sans trop discuter à l'avance sur la durée ou le déroulement de notre séjour, nous décidons de nous retrouver dans un restaurant au bord d'une route car, selon nos amis, l'accès au cortijo est compliqué et qu'il vaut mieux qu'il nous "ouvre la route". En effet, on voit pas trop la route...
Heureux et fiers de nous amener chez eux, ils font le travail d'ouvreurs à merveille :
Et après quelques gouttes de transpiration, nous voici arrivées dans un coin de paradis, perdu au milieu de milliers d'oliviers. On a juste réussi à entrer le camping-car !
Dès le lendemain, nos hôtes nous proposent une balade un peu historique près des tranchées de Loma de Buenavista, situées près de Pozoblanco, dans le nord de la province de Córdoba. Ce site constitue l’un des ensembles de tranchées les mieux conservés du front d’Andalousie. Aujourd’hui paisible, il fut en 1937 un point stratégique majeur au cœur de la Bataille de Pozoblanco.
Au printemps 1937, les forces républicaines et nationalistes se disputent le contrôle de cette colline qui offre une vue privilégiée sur la plaine des Pedroches. Les Pedroches c'est un ensemble de communes partageant une histoire, une géographie et une culture communes. Les deux camps y établissent des tranchées, positions défensives et dépôts de munitions. Le 6 avril 1937, une attaque républicaine d’envergure transforme la zone en un des secteurs les plus actifs du front local.
Les tranchées de Buenavista se distinguent par leur construction en pierre locale, bien intégrée au relief. Leur plan sinueux, ponctué de postes de tir et de petites casemates, permet de comprendre l’organisation défensive mise en place à l’époque. Ces vestiges, aujourd’hui accessibles au public, sont intégrés à un itinéraire historique qui met en valeur l’héritage matériel de la guerre civile dans les Pedroches.
La Loma de Buenavista illustre la manière dont un paysage rural a été façonné par les besoins militaires, puis réinvesti comme espace de transmission et de réflexion historique. Sa visite offre un aperçu concret des conditions de combat tout en rappelant la complexité du conflit en Andalousie
En marchant là-dedans, on se dit surtout qu’on ne connaît finalement pas grand-chose à l’histoire de l’Espagne… et qu’on a encore plein de choses à découvrir.
Alors tant qu’à découvrir des choses, autant poursuivre l’exploration de ces montagnes avec ce que la région fait de mieux : sa cuisine typique. Isabel et surtout Paco sont des amateurs de bon petits plats, alors ils ont tout prévu pour nous régaler.
Quand ils commencent à parler de ce qu'ils ont planifié pour nous, on se rend compte qu'on avait pas pensé notre séjour de la même manière. Sandrine et moi pensions rester 3 ou 4 jours, mais eux, ils voyaient les choses tout autrement... il n'avaient pas de date de fin, certes, mais projetaient notre passage sur plusieurs semaines. Du coup, le temps de goûter à tous les plats planifiés, on est restées 2 semaines!
On a fait du tourisme culinaire, on a visité la mezquita de Cordoba et Medina Azahara (je vous en parlerai dans le prochain article) et on s'est baladés dans Cordoba.
On a fait du tourisme citadin, un peu de tourisme historique, un peu plus de tourisme culinaire et encore plus de tourisme agricole, J'ai des preuves :
Ce cortijo, c'était leur rêve et arrivés à la retraite ils ont sauté le pas et l'ont acheté; et depuis, ils y passent beaucoup de temps et y ont beaucoup de bonheur. Lui, il trafique dehors, il s'est offert un magnifique tracteur collector et elle, elle se balade dans la nature, elle lit... le rythme est tout autre que celui qu'on sent en ville... on s'y sent bien!
Un plaisir qu'on a aussi dans le coin c'est que quand on circule dans les montagnes en fin de journée, on fait des rencontres...
Il n'y a aucun trucage sur les images, les couleurs sont celles capturées "sur l'instant".
Et nous, on arrive là et on ne peut comment expliquer ce qu'on ressent. Durant ce séjour, on ne sait pas trop si c'est la bienveillance d'Isabel et Paco, si c'est le fait de n'avoir pas du tout de réseau téléphonique, si c'est ce calme absolu qui permet d'entendre le silence ou simplement le décor, mais on adoré être là et vivre au rythme de la nature avec eux.
Après, dans ce que j'ai préféré, c'est ma session SHOPPING avec Paco...
Et la balade à la fiesta del jamon... on a pu déguster un "pata negra" juste exceptionnel!
Sanji, lui, il a eu beaucoup à faire avec les chats du coin... il y avait 4 adultes et 2 petits. Ils passaient leur temps à se déguiser en olives... et Sanji passait le sien à les surveiller...
Quant à Sandrine, elle, elle s'est prise de passion pour les oliviers. Elle a décidé d'aider Isabel à les cueillir et a eu beaucoup de plaisir à ensuite les travailler.
C'est tout un art les olives! On y pense pas quand on ouvre le bocal, mais quand on décide de s'en préparer, de la cueillette à l'assiette, il y a plein de choses à savoir.
On commence par les observer pour savoir à quel moment on peut les prendre, on enfile son plus beau chapeau et hop...
Ensuite, il faut les séparer, les vertes d'un côté et les noires de l'autre car l'étape suivante est différente selon la maturité. En effet, les vertes, on les passe dans une machine (fabrication maison) qui les écrase pour qu'elles s'éclatent. Il faut un geste ferme mais pas trop. Quant aux noires, il faut les passer dans une autre création qui va les "rayer" car si on les écrasent, comme elle sont plus mure que les vertes, elle vont devenir compote.
Après ces gestes, on doit les laisser poser le temps nécessaire pour qu'elle perdent leur amertume. Pour les y aider, il faut leur changer l'eau tous les jours, durant 15 à 20 jours, et même deux fois par jour si on le peut. C'est ce que ce sont attelés à faire Paco au départ puis Sandrine, le relais a été passé dans les règles de l'art!.
Après, il faut rassembler les épices nécessaires en allant, pour certaines, les chercher près du ruisseau, préparer le mélange et le répartir dans le pot avec les olives. Une fois que tout est fait, on doit recouvrir le tout avec de l'eau salée.
Comme tout est fait de manière artisanale, on a décidé de faire la salaison comme le faisaient les anciens. On met de l'eau dans un plat et on y plonge un oeuf cru. On ajoute du sel et on le dilue jusqu'à ce que l'oeuf remonte à la surface. On sait que c'est prêt quand on le voit dépasser d'un diamètre d'une pièce de 25 pesetas, aujourd'hui 2 euros.
Et le plus dur, c'est cette dernière étape... attendre 4 jours pour les déguster!
Toute bonne chose a sa fin, et là, notre séjour touche à la sienne. On se prépare au départ et on reprend la route, toujours avec nos ouvreurs de choc!
En conclusion, on repart avec un véhicule propre, avec, dans le coeur, plein de jolis moment partagés avec des gens incroyables de gentillesse et de bienveillance et on repart avec, dans la soute, des olives et un jamon de pata negra! Elle est pas belle la vie ?!
Et voilà, c'est tout pour la partie montagne... prochaine étape, la Mezquita et Medina Azahara.
En attendant la suite, n'hésitez pas à laisser un commentaire et pensez à le signer. Merci 😀
Comme de coutume, voici le regard de Sandrine sur notre séjour Cordobes :
L'arrivée :
Autour du Cortijo :
Les dégustations :
Cordoba :
Le travail agricole :
La fiesta del jamon :
Sanji et ses chats :
Sandrine et ses olives :
Départ :




















































































































































































































































































Quelle agréable lecture, merci pour ces textes et photos qui me rappellent des souvenirs ( córdoba y el jamon … 🤭😋)
Belles découverte 👍😘 me réjouis de goûter tout ça😉
Papouille